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Archive mensuelle janvier 2017

Retour sur la conférence de J.Vanier

20h, dans la Grande Crypte de la rue Boissière. Emmanuel Belluteau, membre du Conseil national du handicap, ouvre le témoignage de Jean Vanier. « Aujourd’hui il y a encore urgence à accueillir chacun tel qu’il est, car ce qui fait un homme et une femme ce sont les relations ». C’est la mission de l’Arche : mettre les personnes atteintes d’un handicap au cœur des relations. L’Humanité est donc le thème choisi pour ce soir.Belluteau résume alors la pensée de Jean Vanier : l’essentiel se trouve au cœur de chacun, la grandeur se trouve dans les plus petits. Dans la pensée de Jean Vanier, explique-t-il, il y a un caractère universel de l’approche de l’homme, il est donc nécessaire de faire tomber les barrières créées par ce dernier. C’est ce pour quoi a œuvré M. Vanier. Il en a été récompensé par la remise très récente de la Légion d’Honneur.

Jean Vanier a fondé l’Arche en 1964. L’association est composée de communautés qui accueillent des personnes handicapées mentales. Ces communautés sont présentes dans 35 pays. Leurs pensionnaires vivent et travaillent avec des accompagnateurs, les assistants. L’Arche prône en effet le « vivre avec ». L’objectif de ces communautés est de permettre aux handicapés mentaux d’avoir une place réelle dans la société.

Jean Vanier arrive. Il prend alors la parole simplement : « Bonsoooir ? Ça va ? » lance-t-il. Il se présente très brièvement : « J’ai 88 ans d’après ce que dis mon passeport ».

Il ouvre son discours sur le vivre ensemble dans une mission commune. Le monde est fait de divisions constate-t-il. Une question se pose alors : où est notre responsabilité dans tout ça ? Est-ce celle des politiques ? Celle des militaires ? Quelle est la notre ? A cela il répond : « Que chacun de nous puisse être un ouvrier de la paix, dans un monde qui sépare et inquiète »; « Quand on a peur, on crée des murs de sécurité ». Cette dernière affirmation met en exergue nos murs : nos peurs intérieures.

Alors, où sont nos peurs ? Comment faire descendre les murs ? C’est assez dur quand on est seul.« On aura toujours des peurs, mais on ne doit pas être conduit par elles ». On a alors besoin d’un soutient mutuel. Dans un monde de guerre, on doit être des sentiments de paix. Ensemble on peut parler, déplacer nos peurs.

« La façon de traverser les murs, c’est de parler avec les gens ». Il en vient alors à ce questionnement : Comment parler avec des gens que je mets souvent de côté ? C’est important le dialogue, mais le plus important c’est de créer des liens. « Derrière ta culture, ta religion, ton opinion, il y a ton cœur » annonce-t-il. Il faut alors apprendre le dialogue de cœur à cœur. A l’origine de chacun il y a l’innocence primale. Même dans quelqu’un qui semble mauvais il y a du bon, cela est lié à cette innocence. L’innocence primale peut être bousculée, mal orientée, puis très vite, on crée un monde du bon et du mauvais.

Alors comment s’orienter vers le bon ? La réponse pour chacun de nous : la communauté. C’est le projet de l’Arche, qui organisée en communautés, permet à tous de partager. Le but de la communauté c’est de s’aimer, pas seulement de s’occuper les uns des autres.« Appartenir pour devenir » : j’appartiens à une communauté pour mieux comprendre l’autre, qui est différent. M.Vanier appelle ici à l’engagement auprès des plus faibles, des exclus qu’on a souvent du mal à cerner. « Dans une communauté, on est tous des pauvres. La communauté c’est ces hommes et ces femmes qui librement se joignent ensemble ». Plus la différence est grande, plus l’unité est forte.

« Je ne veux pas te changer, je veux t’écouter », voilà le principe liant les membres d’une communauté. « La communauté est un lieu où on peut être transformé lorsqu’on comprend que ma gêne avec l’autre vient de moi ». Il faut alors s’ouvrir même si l’on a des appréhensions, voir justement parce que l’on a des appréhensions. Vivre avec des personnes fragiles qui ont été considérées si longtemps comme des personnes non humaines, à qui on n’a pas donné la parole, de qui personne n’a vu l’innocence primaire, permet de rentrer en relation :« je change et je suis changé ».

C’est maintenant à chacun de nous de prendre ce chemin. La moindre haine que l’on ajoute au monde, rend le monde encore plus inhospitalier. « Plus il y aura de paix dans les êtres plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.

[« Ecouter, être des hommes et des femmes de compassion, c’est un long chemin »]

[ » Nos vies sont plus fragiles mais pas moins belles » D’une personne handicapée]

Sibylle