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Solidarité

Les liens intergénérationnels

Que ce soit en démographie, en économie, en sociologie, en psychologie, en anthropologie, en droit, etc. la question des liens intergénérationnels est l’un des sujets les plus fréquemment abordés dans les débats scientifiques actuels.
Le lien intergénérationnel, qu’est-ce que c’est?

« Intergénérationnel est un adjectif qui permet de décrire les interactions ou les échanges, positifs ou négatifs, qui peuvent se dérouler entre des individus qui appartiennent à des générations différentes » (définition du dictionnaire linternaute)

 

Ces relations entre générations peuvent s’effectuer en premier lieu dans la famille, avec par exemple les liens entre grands-parents et enfants. Quoi de mieux pour les petits que de passer du temps avec papi/ mamie, partager de bons moments, se créer des souvenirs…

 

 

 

Mais les liens intergénérationnels peuvent également se nouer en dehors du cadre familial.
De nombreuses initiatives fleurissent un peu partout. Un premier exemple: la collocation personnes âgées/ étudiants. Chacun y trouve son compte: la personne âgée qui bénéficie d’une présence, d’écoute, peut transmettre son histoire/ ses recettes de cuisine/ ses passions… et l’étudiant qui bénéficie d’un logement souvent à un tarif très économique, et d’un cadre familial, lorsqu’il doit partir de chez lui pour suivre ses études dans une nouvelle ville. C’est l’action que mène l’association Presse Purée sur Pau, avec un bilan très positif pour chacun des colocataires.

 

 

Il existe également des associations favorisant la passation de savoirs et les liens d’entraide. Les personnes âgées recherchent la compagnie des plus jeunes, car cela leur permet de transmettre. Ce sont des relations qui procurent du lien, qui redonnent de l’humanité. Il s’agit de fédérer des publics d’âges différents autour d’animations, d’activités ou de moments festifs. La plateforme Les talents d’Alphonse permet ainsi de profiter des savoirs et savoir-faire d’un retraité de son quartier pour apprendre le tricot, se mettre à la photo, ou faire garder ses enfants.
http://bit.ly/lestalentsdalphonse

 

Et parce que tout se joue dès le plus jeune âge, l’Education nationale réfléchit à l’intergénérationnalité avec la mise en place de projets pédagogiques au sein des écoles. Quelques exemples de projets: des ateliers de jardinage, informatique, des rallyes patrimoines… ou juste partager son repas de midi avec les résidents de la maison de retraite voisine. Les enfants sont très réceptifs, ils portent un regard bienveillant sur la vieillesse ou le handicap, se montrent curieux. De plus, cela permet souvent d’éveiller l’intérêt des enfants en difficulté. Comme le souligne Carole Gadet, chargée de mission au ministère de l’Education Nationale, « La punition la plus dure, pour des élèves en difficulté, c’est de les priver de visite à la maison de retraite ».

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les liens intergénérationnels, sur toutes les initiatives qui fleurissent ici et là. C’est bien la preuve que c’est un enjeu fondamental de notre société, le socle sur lequel elle repose, avec toutes les valeurs positives qu’elle véhicule: partage, solidarité, transmission.

Nous laisserons le mot de la fin à Adolphe d’Houdetot:

« La vieillesse n’est pas toujours une hôtesse incommode : elle parait telle à vos yeux si vous ne faites attention qu’à ses rides. Accueillez-la avec bonté et vous verrez que la gaieté accompagne encore les cheveux blancs. »
Dix épines pour une fleur (1853)

Le huitième jour

“Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis” affirmait St. Exupéry.

Cela pourrait être le sous titre du film “Le huitième jour” réalisé en 1996 par Jaco Van Dormael qui met en scène des acteurs comme Daniel Auteuil et Miou Miou au service de la sensibilisation au handicap.

Daniel Auteuil joue le personnage d’Harry, un homme seul, qui a voué sa vie à son travail, qu’il exerce en haut d’une tour. Son métier ? mentir, faire semblant, vendre. Femme et enfants ont fui son grand appartement. Harry est donc un homme riche et seul.

Georges lui aime être vrai, profiter de l’instant, se donner. Il est porteur d’un handicap mental et vit dans un foyer d’accueil spécialisé, il y est heureux mais n’a qu’un rêve : suivre les autres qui partent rejoindre leur famille le week-end, et rejoindre sa mère.  Elle est décédée depuis plusieurs années, mais il se persuade qu’il peut la retrouver. Il a une sœur mais elle ne peut pas s’occuper de lui, leurs rapports sont souvent violents. Un beau jour il décide de s’enfuir, sac sur le dos, avec son meilleur ami : son chien.

Un soir pluvieux où Harry roule seul en voiture, il voit de loin deux formes sombres dont une qu’il n’arrive pas à éviter : le chien de Georges. Harry, très embarrassé va lui ouvrir ses portes pour raccompagner le jeune homme chez lui. Mais Georges n’a plus de chez lui, il l’accueille donc pour un soir. Le soir s’éternise en jours, qui s’éternise en semaines. Petit à petit, Harry s’attache à son nouvel ami Georges, qui par sa simplicité lui apprendra à profiter de l’instant, à couper avec son travail ennuyeux et à se faire pardonner auprès de sa famille. La vie routinière de l’homme d’affaire va se transformer en aventure, au bout de laquelle on pourra retenir cet échange –>

« – Je suis pas comme les autres !

– Oui c’est vrai, t’es mieux que les autres « 

Retour sur la conférence de J.Vanier

20h, dans la Grande Crypte de la rue Boissière. Emmanuel Belluteau, membre du Conseil national du handicap, ouvre le témoignage de Jean Vanier. « Aujourd’hui il y a encore urgence à accueillir chacun tel qu’il est, car ce qui fait un homme et une femme ce sont les relations ». C’est la mission de l’Arche : mettre les personnes atteintes d’un handicap au cœur des relations. L’Humanité est donc le thème choisi pour ce soir.Belluteau résume alors la pensée de Jean Vanier : l’essentiel se trouve au cœur de chacun, la grandeur se trouve dans les plus petits. Dans la pensée de Jean Vanier, explique-t-il, il y a un caractère universel de l’approche de l’homme, il est donc nécessaire de faire tomber les barrières créées par ce dernier. C’est ce pour quoi a œuvré M. Vanier. Il en a été récompensé par la remise très récente de la Légion d’Honneur.

Jean Vanier a fondé l’Arche en 1964. L’association est composée de communautés qui accueillent des personnes handicapées mentales. Ces communautés sont présentes dans 35 pays. Leurs pensionnaires vivent et travaillent avec des accompagnateurs, les assistants. L’Arche prône en effet le « vivre avec ». L’objectif de ces communautés est de permettre aux handicapés mentaux d’avoir une place réelle dans la société.

Jean Vanier arrive. Il prend alors la parole simplement : « Bonsoooir ? Ça va ? » lance-t-il. Il se présente très brièvement : « J’ai 88 ans d’après ce que dis mon passeport ».

Il ouvre son discours sur le vivre ensemble dans une mission commune. Le monde est fait de divisions constate-t-il. Une question se pose alors : où est notre responsabilité dans tout ça ? Est-ce celle des politiques ? Celle des militaires ? Quelle est la notre ? A cela il répond : « Que chacun de nous puisse être un ouvrier de la paix, dans un monde qui sépare et inquiète »; « Quand on a peur, on crée des murs de sécurité ». Cette dernière affirmation met en exergue nos murs : nos peurs intérieures.

Alors, où sont nos peurs ? Comment faire descendre les murs ? C’est assez dur quand on est seul.« On aura toujours des peurs, mais on ne doit pas être conduit par elles ». On a alors besoin d’un soutient mutuel. Dans un monde de guerre, on doit être des sentiments de paix. Ensemble on peut parler, déplacer nos peurs.

« La façon de traverser les murs, c’est de parler avec les gens ». Il en vient alors à ce questionnement : Comment parler avec des gens que je mets souvent de côté ? C’est important le dialogue, mais le plus important c’est de créer des liens. « Derrière ta culture, ta religion, ton opinion, il y a ton cœur » annonce-t-il. Il faut alors apprendre le dialogue de cœur à cœur. A l’origine de chacun il y a l’innocence primale. Même dans quelqu’un qui semble mauvais il y a du bon, cela est lié à cette innocence. L’innocence primale peut être bousculée, mal orientée, puis très vite, on crée un monde du bon et du mauvais.

Alors comment s’orienter vers le bon ? La réponse pour chacun de nous : la communauté. C’est le projet de l’Arche, qui organisée en communautés, permet à tous de partager. Le but de la communauté c’est de s’aimer, pas seulement de s’occuper les uns des autres.« Appartenir pour devenir » : j’appartiens à une communauté pour mieux comprendre l’autre, qui est différent. M.Vanier appelle ici à l’engagement auprès des plus faibles, des exclus qu’on a souvent du mal à cerner. « Dans une communauté, on est tous des pauvres. La communauté c’est ces hommes et ces femmes qui librement se joignent ensemble ». Plus la différence est grande, plus l’unité est forte.

« Je ne veux pas te changer, je veux t’écouter », voilà le principe liant les membres d’une communauté. « La communauté est un lieu où on peut être transformé lorsqu’on comprend que ma gêne avec l’autre vient de moi ». Il faut alors s’ouvrir même si l’on a des appréhensions, voir justement parce que l’on a des appréhensions. Vivre avec des personnes fragiles qui ont été considérées si longtemps comme des personnes non humaines, à qui on n’a pas donné la parole, de qui personne n’a vu l’innocence primaire, permet de rentrer en relation :« je change et je suis changé ».

C’est maintenant à chacun de nous de prendre ce chemin. La moindre haine que l’on ajoute au monde, rend le monde encore plus inhospitalier. « Plus il y aura de paix dans les êtres plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.

[« Ecouter, être des hommes et des femmes de compassion, c’est un long chemin »]

[ » Nos vies sont plus fragiles mais pas moins belles » D’une personne handicapée]

Sibylle

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